Les observations montrent que la plupart des jeunes étoiles
en
formation ont une période de rotation sur elles-mêmes de
l'ordre de 8 jours (étoiles T Tauri). Même si c'est
relativement rapide, cette période
montre que la matière stellaire possède un moment
cinétique
spécifique plusieurs ordres de grandeur inférieur
à celui du nuage parent (ie. à
partir duquel l'étoile se forme). Cela semble suggérer un
processus de perte de moment
cinétique (freinage) très efficace entre la phase
d'effondrement et celle
où l'on peut enfin observer la rotation stellaire, autrement dit
pendant les quelques
105 à 106 années pendant lesquelles
la
proto-étoile est enfouie.
Un tel freinage est en fait possible si l'interaction
étoile-disque
met en jeu une structure magnétique particulière. En
effet, il
suffit que la magnétosphère stellaire soit
connectée au
disque de telle sorte qu'il s'y forme une "ligne neutre", c'est
à
dire où le champ magnétique total, somme du champ
stellaire
et du champ du disque, soit nul. Au voisinage de cette ligne (un point
X
magnétique dans le plan poloidal), les deux champs se compensent
exactement et une reconnexion a
lieu. Une fraction de la matière est accrétée sur
l'étoile le long des lignes de champ fermées, tandis
qu'une
autre est accélérée le long des lignes qui se sont
ouvertes lors du processus de reconnexion. Cette
accélération d'une partie de la matière du disque
par
l'étoile conduit au freinage de celle-ci. Il a été
prouvé qu'un tel
freinage pouvait expliquer la "faible" vitesse de rotation des jeunes
étoiles ( Ferreira, Pelletier & Appl 2000).